. .... Bienvenue___________________ ..xShowMe __

 . ....  Bienvenue___________________ ..xShowMe __
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__' _-'_____ Le ruban de leurs âmes s'effleure, ______ '__
__' _____ s'entremêle, se noue, se rompt, se fuit. _##'_ '__
__' _______ Parce que l'amour est juste un jeu. __-___ '__
__' __________ Un jeu qui va les entraîner ___#_'____ '__
__' _____-___ dans des ombres profondes, _M__,__-_ '__
__' ___-__ qui va les troubler, qui va les changer. _--_-_ '__
__' _____________ Deux âmes s½urs. _____*______ '__
__' ______-_,______ Pour le meilleur. _______-_'____ '__
__' ______-_,__''____ Ou pour le pire. ______.__*____ '__
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__' __________ Show me what it's like ... __*_-___ '__
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Ancienne fiction _____________________________-______ Déco décallée ?

_________ Annuaires : ______ Chapitre 11 (o8/11)

# Posté le vendredi 03 juillet 2009 14:06

Modifié le dimanche 08 novembre 2009 14:26

. .... Chapitre 1___________________ .______ Is the heart of stone, no empathy inside ? __________________________ ~__ Within Temptation .xShowMe __

. ....  Chapitre 1___________________ .______ Is the heart of stone, no empathy inside ?  __________________________ ~__ Within Temptation .xShowMe __
___________ Monday, August 6th ~ 8:o9 pm ~ Paris

____ Mon regard alternait entre le carton de l'invitation et l'adresse. Ça semblait être ici. L'adresse étant similaire, il n'y avait franchement aucune chance pour que je me trompe. Je pris une grande inspiration et baissai le regard pour une vérification de dernière minute. Ma robe bustier vichy noire et blanche épousait parfaitement les lignes de mon corps, mes cheveux bruns et bouclés encadraient mon visage, maquillé de façon à faire ressortir mes yeux noisette. Aucun risque de me ridiculiser - sur l'apparence en tout cas, je paraissais civilisée. Je poussai la porte et me laissai guider par les flèches qui indiquaient le lieu du rendez-vous au troisième étage en me répétant les objectifs de la soirée. Rencontrer des gens, paraître cultivée et aimable, faire ressortir mon côté fille sociable, ne pas trop me goinfrer et ne pas trop boire pour ne pas répéter l'expérience déplaisante de la dernière fois ( à savoir, se mettre à chanter la danse des canards en faisant un strip-tease. )
Je rentrais dans le loft, où un fort relent d'alcool titilla mes narines.

___ - Kaaaaaaaaaate, hurla une voix dans mon dos, que je n'eus pas trop de mal à identifier.

Je fis volte-face, un sourire s'esquissa sur mon visage. Devant moi, plus rayonnante que jamais, se trouvait Olivia, ma meilleure amie. Svelte et grande, elle avait remonté ses cheveux d'un blond cendré en un chignon artistique et portait une tunique turquoise sur des collants noirs.

___ - Alors, ça te plait ? Demanda-t-elle en souriant à son tour, bien qu'elle semblait crispée par le stress.
___ - Je viens juste d'arriver, avouai-je en grimaçant. Laisse-moi au moins faire un tour.

Elle hocha la tête avant d'aller discuter avec quelqu'un d'autre. Je jetai un regard circulaire. La salle était bondée, et je fus contente pour elle. Étudiante aux Beaux Arts, Olivia avait décidé, avec quelques amis, de faire une galerie pour exposer ses peintures le temps d'une soirée, ayant l'ambition de se faire connaître dans le milieu. Étant moi-même inscrite en deuxième année de fac d'histoire, je n'avais pas franchement un esprit très artistique mais j'étais tout de même venue pour lui faire plaisir et l'encourager. Et puis pour sortir, histoire d'occuper ma soirée.
Je posai ma veste au vestiaire, et tentai un vague repérage des personnes présentes pour réaliser mon objectif numéro un (Rencontrer des gens). Je fus vaguement déçue en voyant que la moyenne d'âge se situait dans la quarantaine. Du haut de mes dix-neuf ans, je ne l'atteignais pas vraiment. Tant pis, mon côté fille-qui-s'adaptait-à-toutes-les-situations prenait le relais. Je m'armai d'un sourire à toutes épreuves et me plantai devant une toile qui représentait une paysanne arrachant une feuille de vigne. Je ne saisissais pas vraiment le but du tableau, mais une femme le regardait aussi et je décidai de passer à l'objectif deux (Paraître cultivée et aimable).

___ - Huum, intéressant la mise en forme que l'auteur a voulu nous faire passer, commentais-je en plissant les yeux, comme pour mieux capter un détail qui m'aurait échappé.

La femme, d'une cinquantaine d'années et très guindée, me regarda en écarquillant les yeux comme si je lui avais fait peur et se mit à avancer d'un pas rapide, certainement pour me fuir.

___ - Connasse, marmonnai-je entre mes dents.

Toutes les personnes présentes semblaient être riches, et je ne pu en vouloir à Olivia ; elle avait certainement voulu maximiser ses chances de se faire un nom. Mais pour dire les choses crûment, après un tour dans la galerie à contempler des ½uvres dont je ne comprenais pas réellement la signification ( Pourquoi avoir appelé « Ode à la liberté » un dessin représentant un papy chauve seul au milieu de la route ?! ), je me faisais chier comme un rat mort.
Pour ne pas partir tout de suite et décevoir Olivia, je décidai de me rabattre sur la nourriture, condamnant ainsi l'objectif quatre (Ne pas trop me goinfrer). De toutes façons, ces putains d'objectifs étaient irréalisables dans cette soirée, autant tout arrêter. Je poursuivi le serveur et lui arrachai de force un toast au saumon fumé et à la crème fraîche. Preuve de ma solitude suprême, je me retrouvai dans un coin, à croquer dans un bout de pain. Ou... presque. Car le saumon ne semblait pas vouloir se faire hachurer par mes dents et résistait à l'ennemi. Merde. J'étais pitoyable, à tirer dessus pour l'arracher, étalant de la crème sur mes joues. Au lieu de continuer à me battre, je décidai de rendre les armes en enfouissant tout dans ma bouche. Grave erreur. Car tout ne rentrait pas dans ma bouche. J'avais des joues de hamster, de la crème partout et les larmes aux yeux à force de m'étouffer. Je déglutis péniblement pour tout avaler et me passai une main sur les lèvres.

___ - Élégante façon de manger, lança une voix à ma droite.

Je fermai les yeux, sentant mon visage devenir de feu. En plus, quelqu'un m'avait vu. Comme ça, tout Paris serait au courant que Kate Evans n'était définitivement pas sortable. Je levai le regard vers l'individu. Pour constater qu'en plus, il était sexy à mort, en accord avec sa voix qui avait une forte consonance anglaise. Il portait une chemise blanche et un pantalon noir, ce qui accentuait encore sa grande taille. Sa peau était blanche, ses cheveux d'un noir d'encre, coupés courts et coiffés en épis. Mais c'étaient ses yeux qui le rendaient attirants : d'un gris délavé, pénétrant. Mes iris s'écrasèrent contre les siennes, et j'eu l'impression qu'il fouinait jusqu'aux tréfonds de mon âme.

___ - Élégante la coupe de cheveux, t'es le frère caché de Sonic ? Ripostai-je.

Malgré le fait qu'il soit sublime, je ne supportai pas son petit sourire en coin, ironique et me senti obligée de lui rétorquer quelque chose. Mais son sourire s'agrandit, et l'idée de le baffer me traversa vaguement.
Un court silence s'installa. La conclusion que le seul spécimen de mon âge présent était un gars qui se foutait de moi s'établit dans mon esprit. Super.
Il s'apprêtait à dire quelque chose, quand une sonnerie le coupa. Il grimaça et sortit son portable, avant de baragouiner quelque chose en anglais. Mon faible niveau ne me permettant pas de comprendre sa discussion, je me détournai, et ce fut avec soulagement que je vis Charlie, une de mes amies. Petite et rousse, elle avait le même âge que nous - a savoir 19 ans - mais travaillait déjà en tant qu'intérim dans différentes boîtes. Je me dirigeai rapidement vers elle, voyant qu'elle se trouvait avec Arthur, le copain d'Olivia.

___ - Je commençai à désespérer de vous voir arriver, souris-je en leur faisant la bise.

Arthur, grand gaillard d'un mètre quatre-vingt-dix et si bien bâti qu'il me faisait souvent penser à un nounours, me prit dans ses bras. Quand j'étais encore petite fille, il était venu s'installer dans la maison voisine de la mienne, et depuis, une forte complicité nous unissait, à un tel point que je le considérais presque comme un frère. Je lui avais fait rencontrer Olivia et ils sortaient ensemble depuis presque un an.

___- Oui, se plaignit Charlie, on s'est carrément perdu, et la fierté masculine d'Arthur lui interdisait de t'appeler, donc on a pataugé dans les rues de Paris pendant presque une heure.
___- Moi j'ai fait tapisserie pendant ce temps-là, alors tu sais...

Olivia se matérialisa au bras de son chéri.

___- Ça se passe bien, non ?

Sa voix trahissait son angoisse.

___- Bien sûr, tout le monde à l'air d'apprécier. Je trouve ça super, personnellement, mentis-je en priant pour qu'elle n'ai pas entendu ma réponse précédente.

Mais le regard de ma meilleure amie se perdit derrière moi.

___ - Jeff, s'exclama-t-elle en souriant. Je pensais pas que tu viendrais.

Intriguée, je me retournai pour tomber ... sur la réplique de Sonic. Avec toujours son détestable sourire en coin.

___ - Toi ?! M'écriais-je.
___ - Vous vous connaissez ? Demanda Ollie, intriguée.
___ - Réunion de crise, ordonnai-je. Dans les toilettes. Tout de suite.


___________ Monday, August 6th ~ 1o:26 pm ~ Paris

____ Je m'assurai que la pièce était vide avant de m'exclamer :

___ - Putain, Olivia, je t'en supplie, ne me dis pas que tu le connais !
___ - Euh en fait si... T'as un problème avec lui ?
___ - Je me suis pitoyablement ridiculisé et il me prend pour une pauvre fille... C'est qui exactement ?
___ - Il s'appelle Jeffrey Hunter, mais c'est plutôt Jeff. C'est un anglais de pure souche, londonien, qui fait des études en économie, je pense qu'il veut bosser à la City. Il a 21 ans et il est en France pour six semaines. C'est Arthur qui l'a rencontré pendant qu'on était en vacances à Londres et qui lui a proposé de venir ici pour garder le contact. Jeff a accepté, sauf qu'il est arrivé seulement aujourd'hui, donc je pensais pas qu'il serait assez en forme pour tenir toute la soirée. Il crèche chez Arthur et repart fin septembre. Il parle un assez bon français, même si son accent est pas difficile à deviner. Je te promet qu'il est super, comme gars !

Un gémissement m'échappa, et je lui racontai la scène du saumon. Mon amie éclata de rire :

___ - D'un côté, tu peux pas vraiment lui reprocher de se moquer de toi, avoue que t'as fait fort sur le coup là.

J'haussai un sourcil, pour dire un truc du genre « t'es ma meilleure amie, techniquement, t'es censée me soutenir, là, oh ». Elle m'ignora et reprit :

___ - Je vais devoir aller continuer de baratiner des vieilles femmes suant le Botox et promenant leur plumeau, alias Kiki, je te laisse avec Arthur et Charlie. Pas de problème ?
___ - Aucun, affirmai-je en cachant combien elle avait froissé ma fierté.

La fille sociable avait de nouveau fait son apparition et c'est avec aplomb que je me dirigeai vers le petit groupe. Sasha et Léo avaient fait leur apparition et tous discutaient avec entrain. Je me plaçai à côté de Jeff, décidant à casser la probable image qu'il avait de moi.

___ - Je ne pense pas que nous ayons bien été présentés. Je m'appelle Kate.

Il baissa le regard vers moi.

___ - Intéressant, dit-il enfin avec la même légère touche de cynisme.

Ou comment rendre une fille minable. Merde, trouve quelque chose à dire, Kate, ne t'écrase surtout pas.

___ - Pas mal, la peinture, lançai-je à tout hasard en pointant un doigt dans une direction inconnue.
___ - Je peux pas prétendre être un pro en matière d'art mais... il me semble que c'est une photo, non ?

Mes talons pivotèrent et je constatai avec effarement qu'il avait raison.
C'était pas gagné.


___________ Monday, August 6th ~ 11:49 pm ~ Paris

____ Il est super, comme gars ! Mais oui bien sûr. Et moi je suis la reproduction de Hulk portant des chaussettes avec des petits rennes tricotées par sa grand-mère. Pauvre con.
Après la fin de la soirée, nous avions décidé d'aller boire un coup dans un des cafés peu fréquentés des petites ruelles de Paris. Et, certainement grâce à ma chance légendaire, je me retrouvais assise entre Jeff et Sasha. Laquelle semblait le dévorer des yeux et lui parlait en m'ignorant royalement. Coupée du monde extérieur, j'étais condamnée à écouter ses pathétiques techniques de drague.

___ - Sinon, tu penses quoi de la France ? Minauda-t-elle.

___ - Je suis arrivé seulement cet après-midi, alors j'ai franchement rien vu, mis à part le bordel de l'appartement d'Arthur, répondit-il, apparemment amusé par la situation.

L'intéressé poussa un grognement qui se voulait sauvage. Je tentai un regard de détresse vers Olivia ou Charlie, mais elles parlaient entre elles, à l'autre bout de la table. Par dépit, je me contentai d'un soupir. Ce qui n'échappa pas à Sonic.

___ - Tu bois aussi salement que tu manges ? Me demanda-t-il avec son sourire détestable.

Je jetai un coup d'½il sur sa bouteille de bière, et en arrivai à la conclusion que je n'arriverai pas à simuler une chute non intentionnelle. Dommage.

___ - Et toi, tu parles toujours français comme une vache espagnole ? Lâchai-je, commençant à être agacée par son petit jeu.

Sasha, qui ne semblait pas vraiment apprécier d'être mise à l'écart, s'empressa d'intervenir.

___ - Arrête, s'exclama-t-elle, je trouve que tu parles très bien français pour un anglais.

Fayotte.
Jeff ne lui prêta aucune attention et continua de me sonder avec son regard gris hypnotique.

___ - Mon père est né en France, il me parle dans cette langue depuis que je suis tout petit, alors forcément, ça aide pas mal, lui répondit-il avant de me dire : Et toi, je sens que tu parles anglais à la perfection, par contre c'est un peu limite au niveau du savoir vivre, non ?
___ - Oh, c'est mignon, tu es venu le revoir ? Continua l'autre.

Mais quelle cruche. Sasha n'était pas réellement mon amie, elle était plus une copine, j'appréciais passer une après-midi avec elle mais ce n'était pas la première personne vers qui je me tournerai en cas de besoin. Et en ce moment, elle me tapait sérieusement sur les nerfs. Elle se pencha encore un peu plus pour mieux avoir une vision approfondie de Jeff, ses longs cheveux noirs balayèrent la table.
Cette fois, il ne prit même pas la peine de répondre, et je commençai à me sentir mal à l'aise face à ce regard perçant.

___ - Oh, écrase, lâchais-je enfin.

Il haussa les épaules, ce qui semblait dire « sois pas vexée comme ça, je fais que m'amuser, quelle susceptibilité ». Et ma haine grandit encore. Par dépit, je trempais mes lèvres dans mon verre de Desperado et décidai de garder le silence. Mais après trois verres de champagne bu à la galerie et un grand verre de Despe, les résolutions s'oublient très vite. Pour appeler un chat un chat, j'étais légèrement pompette. Mais légèrement alors.

# Posté le lundi 06 juillet 2009 16:01

Modifié le samedi 18 juillet 2009 08:50

. .... Chapitre 2___________________ . ______ Oh, kiss me beneath the milky twiling, _______ Lead me out on the moonlit floor . _______________ ~__ Sixpence None The Richer .xShowMe __

. ....  Chapitre 2___________________ . ______ Oh, kiss me beneath the milky twiling, _______ Lead me out on the moonlit floor . _______________ ~__ Sixpence None The Richer .xShowMe __
___________ Tuesday, August 7th ~ 1o:47 am ~ Paris

____ Mes paupières s'ouvrirent péniblement, délivrant mes yeux de l'obscurité qu'elles provoquaient. Un mal de crâne me scia en deux, m'arrachant un gémissement de douleur. Ma langue était pâteuse et il semblait donc assez clair que j'avais du me prendre une sérieuse cuite. Je me dressai sur un coude et regardai autour de moi sans vraiment rien voir. Il me sembla reconnaître l'appartement d'Olivia. Cette conclusion m'arracha un nouveau gémissement, de honte cette fois. Si j'avais fini chez elle, c'est que j'avais du être bien arrangée. Sans vraiment réfléchir, je me levai et me glissai dans la salle de bains pour prendre une douche et m'éclaircir les idées. Des bribes de souvenirs me revenaient à mesure que l'eau ruisselait le long de mon corps et je commençai à vraiment regretter d'avoir joué le boulet. Je coupai l'eau et m'essuyai rapidement, puis enfilai ma robe de la veille sans prendre la peine de me coiffer; de toue manière, des boucles mouillées n'en faisaient jamais qu'à leur tête. Je traversai le couloir sans faire de bruit, supposant naturellement qu'Olivia dormait encore. Le goût amer ne quittait pas ma bouche et l'envie de le chasser était plus forte que celle d'aller m'affaler sur le canapé pour replonger dans les bras de Morphée.
Je poussai doucement la porte de la cuisine.

___ - Toi ? M'exclamai-je d'une voix rauque, avant de me racler la gorge.

Jeff se retourna brutalement, surpris. Ses yeux délavés me détaillèrent un moment avant de se plonger dans mes iris pour ne plus en bouger. Il semblait beaucoup plus décontracté qu'hier soir, ce qui devait certainement être en rapport avec sa tenue vestimentaire; il portait un tee-shirt Ralph Lauren orange avec un jean foncé, et dégageait une agréable odeur d'after-shave. Il ne commenta pas, ce qui me rendit mal à l'aise, mais porta une tasse à ses lèvres et s'appuya négligemment contre le comptoir, sans cesser de me fixer.
Je pris un verre dans le placard, son regard me brûlant la nuque, et le remplit d'eau. Je m'empressai de le vider, le liquide frais soulageant ma gorge, puis décidai de rompre le silence qui devenait de plus en plus pesant :

___ - T'as dormi ici ? Lançai-je en me retournant vers lui.

Il acquiesça.

___ - Au fait, dit-il enfin, désolé pour hier soir. J'ai pas été cool, c'est juste que j'ai passé une semaine de merde et je me suis défoulé comme j'ai pu. Désolé que ce soit tombé sur toi, je dis pas que je me comporte jamais comme ça, j'aime provoquer les gens, mais jamais à ce point.

Je hochai la tête à mon tour. S'il ne fallait pas encore que je décuve, j'aurai probablement lancé quelque chose de cynique pour faire une tentative de vengeance, mais pour le moment, ce geste suffisait.
Un nouveau silence s'installa et ce fut avec soulagement que je vis Arthur entrer dans la pièce, portant uniquement un bas de pyjama. Il nous salua d'un hochement de tête et bailla sans retenue.

___ - Vous auriez pu faire du café, râla-t-il en découvrant la cafetière vide.

___ - Je bois que du thé, répondit Jeff en montrant sa tasse. Je comprends pas comment vous pouvez faire pour boire ça le matin.

___ - Comment tu fais pour boire du thé ? Répliqua mon bon gros nounours d'Arthur. Kate, je présume que tu t'es contentée d'eau ?

Je grimaçai.

___ - C'était si pire que ça ?

Il fit semblant de réfléchir.

___ - Huum, ça allait jusqu'à ce que tu te mettes à gueuler que ton plus grand rêve serait de courir nue dans un champ dans la rosée du matin. Tu y tenais, à cette idée...

Je fermai les yeux et recouvris mon visage avec ma main.

___ - Hallucinant, gémis-je.

Mais Arthur n'étant pas le genre de personne à remuer le couteau dans la plaie et à reprocher énormément de choses, ainsi se tourna-t-il vers Jeff :

___ - Ouah, coco, s'exclama-t-il, ça fait même pas vingt quatre heures que t'es en France, et t'as déjà réussi à te dégoter une nana !

L'ombre d'un sourire passa sur le visage du bel Anglais.

___ - Se dégoter une fille, c'est vite dit, répondit-il. Elle est un peu nunuche quand même.
___ - Je suis sûr que c'est ton accent qui l'a fait craquer. Je vais me mettre à l'anglais, aussi.
___ - Apprends déjà à parler français, intervins-je avec un sourire. Et puis, t'as déjà une copine, après je dis ça, je dis rien.
___ - Tu vois, soupira Arthur en parlant à Jeff, c'est ça d'être proche des amies de ta copine, tu peux rien faire ni rien dire.

Olivia fit son apparition, les cheveux en bataille et des magnifiques poches sous les yeux.

___ - Kate, grogna-t-elle, ne t'approche plus d'une bouteille d'alcool à moins de vingt mètres, ou je te promets que même ta chère maman ne te reconnaîtra plus.
___ - Moi aussi je suis contente de te voir, répondis-je avec un sourire.


___________ Tuesday, August 7th 2009 ~ 12:oo pm ~ Paris

____ Je jetai un coup d'½il dans le miroir pour découvrir nos reflets. Les saphirs d'Olivia se fixaient tandis qu'elle coiffait sa longue chevelure blonde. J'étais assise à côté d'elle, mes boucles brunes tombant de façon régulière sur mes épaules et mes yeux noisette à moitié éteints.

___ - Au fait, demandai-je, t'as trouvé des acheteurs potentiels pour tes toiles hier soir ?

Elle haussa les épaules et ne répondit pas. Je la connaissais assez bien pour comprendre que si elle en avait trouvé, ils ne lui convenaient pas et n'insistai pas.

___ - Tu penses quoi de Jeff ? Lança-t-elle à son tour.
___ - Rien, répondis-je sincèrement. Hier soir, il m'énervait à se foutre de moi, mais ce matin il s'est excusé. Et puis, j'adore son accent, riais-je.
___ - Dans deux jours, je parie qu'il sort avec Sasha, elle est à fond dedans là, elle se voit déjà faire l'aller retour Paris Londres pour aller le voir.
___ - Ouais, mais lui il l'aime pas, il a dit qu'elle était quiche. Pourtant, il semblait bien s'amuser hier soir quand elle le draguait.
___ - Il aimait peut-être se faire draguer ?
___ - Ouais, peut-être.

Olivia posa sa brosse et sortit son mascara. J'aimais parler de choses superficielles avec elle et en même temps pouvoir avoir de vraies conversations sérieuses. Ce n'était pas ma meilleure amie pour rien non plus.

___ - Moi je l'aime bien, dit-elle enfin.
___ - Tu aimes tout le monde, souris-je.

Elle fit la moue et soupira.

___ - Au fait, reprit-elle, tu viens à l'anniversaire de Charlie ou tu seras déjà chez ta mère ?
___ - Non, je partirai le lendemain matin, je crois que mon train est à onze heures.

Olivia hocha la tête et je laissais mes pensées vagabonder vers ma famille. Âgée de cinquante deux ans, ma mère en paraissait soixante cinq. Usée par la vie et aussi par l'accouchement de six enfants, elle se faisait un plaisir de tous nous regrouper une semaine par an, généralement en août, prétextant que la vie était trop courte pour vivre séparés. Elle habitait en Bretagne, et mes quatre frères, ma s½ur et moi vivions aux quatre coins de la France, ce qui n'était pas évident pour elle. Seul mon aîné Yann et moi vivions sur Paris, mais je ne m'étais jamais entendu avec lui ; légèrement imbu de sa personne, il avait trente-deux ans et travaillait comme commercial. Il n'y avait que ma petite s½ur qui, à 16 ans allait encore au lycée, vivait avec notre mère. Mes quatre grands frères étaient partis voler de leurs propres ailes, et en tant qu'avant dernière, je n'étais monté sur Paris que l'année dernière, celle de mes dix-huit ans, ce qui avait agrandit le déchirement dans le c½ur de ma mère.
Ma meilleure amie interrompit le flot de mes pensées.

___ - Kate, chuchota-t-elle, la voix légèrement tremblante.

Étonnée qu'elle soit si sérieuse après notre légère conversation, je me tournai vers elle, inquisitrice. Elle semblait se sentir très mal, proche du point de rupture.

___ - Je... j'ai couché avec quelqu'un d'autre. J'ai trompé Arthur.

Mon c½ur rata un battement et il me sembla qu'un fer rouge s'imprima dessus, me le compriment de douleur.

___ - Tu regrettes ?

Ma voix était hachée, glaciale. Je savais que je devrai la soutenir et lui dire des mots de réconfort, mais c'était plus fort que moi, je ne pouvais pas laisser mon amitié pour Arthur de côté.
Elle garda le silence, et le fer rouge accentua sa pression. Incapable de pouvoir continuer à rester dans la même pièce qu'elle, je me levai brutalement.

___

____ La chaleur qui s'abattit sur la ville les jours suivants était caniculaire. A l'heure de son zénith, le soleil brûlait les peaux des tout-petits et la hausse de la température faisait suffoquer les personnes âgées ; personne n'échappait réellement à cet été brûlant. Certains se cloisonnaient pour tenter de le fuir, d'autres l'affrontaient tant bien que mal en limitant les sorties, et il y avait ceux qui vivaient la nuit, se contentant de la pâleur lunaire pour s'éclairer. Il est bien connu que Paris au mois d'août est une ville morte et déserte, comme si son âme était en repos le temps de quelques semaines, et cette impression n'était qu'encore plus confirmée par l'aridité des lieux.
Jeffrey Hunter n'était pour le moins pas habitué à ce temps. Vivant sous le vent et l'humidité depuis vingt-et-un ans, il ne supportait déjà plus l'atmosphère étouffante qui régnait, seulement quatre jours après avoir posé le pied sur le sol français. Assis sur le rebord de la fenêtre, il contemplait d'un ½il absent la rue où les gens étaient rares, voir inexistants. Il songea à l'Angleterre, où la température ne devait pas dépasser les vingt-deux degrés et où une brise fraîche devait rafraîchir les gens. Il songea aussi au fait qu'il aimait la France, et surtout les français, beaucoup moins coincés et introvertis que les anglais - même s'il ne l'avouerait jamais, ce pays était sa patrie, tout de même.
Jeff perçut en fond sonore les ronflements d'Arthur. Il jeta un coup d'½il à sa montre, encore à l'heure anglaise et hésita. Fallait-il enlever ou rajouter une heure pour trouver l'heure française ? Dans tous les cas, c'était le milieu de l'après-midi, et il ne comprenait pas comment son ami faisait pour dormir. D'autant plus que rester confiné dans cet appartement n'était pas des plus amusants.

___ - Arthur, beugla-t-il en se levant agilement, on sort ?

Il eut droit à un grognement pour toute réponse.

___ - Je traduis pas encore la langue primitive, je me limite au français et à l'anglais pour le moment.

Jeff entra dans la chambre et répéta sa question à la carcasse de son ami, étalée sur le lit.

___ - Y a l'anniversaire de Charlie ce soir, maugréa-t-il, je veux quand même dormir, histoire de pas finir totalement mort demain.
___ - Excuse pourrie, souri l'anglais. Allez, viens.

# Posté le jeudi 16 juillet 2009 12:53

Modifié le dimanche 19 juillet 2009 09:12

. .... Chapitre 3___________________ . ______ Ce n'est quelquefois qu'en perdant ceux qu'on aime ________ qu'on sent combien on les aimait . ____________ ~__ Alfred de Musset .xShowMe __

. ....  Chapitre 3___________________ .  ______ Ce n'est quelquefois qu'en perdant ceux qu'on aime  ________ qu'on sent combien on les aimait . ____________ ~__ Alfred de Musset .xShowMe __
___________ Friday, August 1oth ~ o7:3o pm ~ Paris

____ La salle était tout simplement immense et la préparation qui avait dû précéder se ressentait : je restai bouche bée devant la magnificence des lieux. Une piste de danse était bien séparée des vingtaines de petites tables et du buffet. De la musique résonnait mollement, celle mise généralement au début de soirée, servant à meubler le fond sonore quand il y a un blanc dans la conversation. Un immense ballon avec le chiffre dix-neuf était accroché dans un coin, tout était dans les tons violines, ce qui, pour une fois, était en accord avec mon débardeur violet pâle et mon short noir. Admiration totale. Une bonne centaine d'invités étaient présents, et je renonçai presque instantanément à aller remettre à Charlie son cadeau en main propre, autant chercher une aiguille dans une botte de foin.
J'entraperçu Jeff en train de boire un coup, seul, avec son habituel air de désintéressé, et je me dirigeai vers lui avec un grand sourire. Il me vit arriver de loin, mais n'esquissa pas un geste pour me rejoindre, se contentant de plonger ses lèvres dans son verre de ponch et de promener son regard sur moi, de ses yeux magnifiques.

___ - Salut, lançais-je. T'es sans ami ?
___ - Hello, répondit-il sans toutefois répondre.

Je ne me sentais vraiment pas à l'aise avec lui, et il ne faisait rien pour arranger la situation. Néanmoins, nous n'étions jamais restés seuls ensemble plus de quelques minutes, et cette fois-ci ne dérogea pas aux habitudes. Une main s'agrippa à mon bras, me faisant sursauter.

___ - Dégage, sifflai-je.
___ - Il faut qu'on parle, répliqua Olivia.
___ - Y a rien à dire, ce qui est fait est fait, je veux rien savoir, rien du tout. Évite-moi ce soir, ou ça va chier.
___ - Tu viens avec moi.

Sa voix était fraîche, la mienne ruisselait de colère. Nous ne nous étions jamais disputé, pas de la sorte. Et même si nous nous réconcilions, je doutai que notre amitié soit jamais comme avant ; l'ombre de ses actes planerait toujours, comme un vautour attendant un cadavre. Mon rôle était probablement de la soutenir, mais c'était au dessus de moi, j'en étais incapable, au nom du lien qui m'unissait à Arthur.

___ - Olivia, intervint Jeff, tu sais, j'étais en train de parler avec Kate, alors si ça te gènes pas, j'aimerais encore la garder un peu avec moi.

Nous nous tournâmes vers lui en parfaite synchronisation, les yeux écarquillés. Son ton était calme, mais ses yeux étaient d'une dureté incroyable. L'aisance avec laquelle il avait menti me surpris et qu'il l'avait fait pour me libérer d'elle me fit étrangement plaisir. Trop, même.

___ - Elle restera avec toi après, répondit Olivia, avec une voix lourde de sous-entendus.
___ - Elle parlera avec toi après, dit-il d'un ton sans réplique.

Pour couper court à la discussion, il me prit le bras à son tour et m'emmena avec lui, laissant Olivia sans voix.

___ - Merci, soufflais-je.

Il me lâcha à peine quelques pas plus loin, mais c'était notre premier contact physique et il m'arracha un frisson.
Passablement énervée, je lui arrachai son verre de ponch et but à grande gorgés. Jeff me regardait, l'air amusé.

___ - Qu'est-ce qu'il s'est passé?, demanda-t-il en récupérant son verre, à moitié vide.
___ - Rien, fulminai-je.

Il eut la délicatesse de ne pas insister et bu à son tour. Ou alors il s'en foutait carrément.

___ - Vous faites tout le temps des soirées mondaines comme ça ? Relança-t-il. Quatre jours que je suis là, et j'en suis déjà à deux.
___ - Non, riais-je, c'est l'exception qui confirme la règle. Juste pendant les vacances.
___ - Oh, Jeff, s'écria la voix beaucoup trop reconnaissable de Sasha, me coupant.

Il eu à peine le temps de se retourner qu'elle lui claquait deux grosses bises.
Cette soirée s'annonçait nulle, de bout en bout.


___________ Saturday, August 11th ~ oo:21 am ~ Paris

____ Je jouais machinalement avec ma cuillère pour tenter de tromper mon ennui. Après avoir tenté toutes les combinaisons possibles - essayer de la tordre, la taper contre la table, la faire passer d'une main à l'autre - je laissai tomber le couvert, son son cristallin s'étouffant dans le bruit des conversations. Mon regard se promena sur la table. Charlie avait certainement bien pensé en nous installant tous ensemble, mais... non. A ma droite se trouvait Léo, avec sa masse de frisettes cuivrées. Si mes boucles commençaient à partir des oreilles et étaient irrégulières et grosses, les cheveux de Léo frisaient de la racine aux pointes. Il avait l'oreille collée à son portable depuis le début de la soirée, et j'avais eu le loisir de découvrir toute sa vie amoureuse, et l'étendue des surnoms de son lapinou chéri. Un inconnu était assis à ma gauche, il avait du être placé là par dépit et n'avait pas décoché un mot du repas. A côté de lui, il y avait Arthur et Olivia, et à l'autre bout de la table Jeff et Sasha. Je connaissais sans plus le reste des gens assis à notre table, et je ne me sentais pas d'humeur assez sociable pour tenter une approche.
Je jetai un coup d'½il à ma montre. Minuit passé, et l'ambiance n'était toujours pas là. Pourtant, le dessert avait été servi une heure auparavant. Une heure que je m'ennuyais. Je souhaitais ardemment que la musique se déchaîne pour que je puisse fuir. Mais Dieu ne semblait pas enclin à entendre mes prières.
En désespoir de cause, et surtout pour éviter de mourir étouffée par la chaleur ambiante, je me levais et sortis de la salle. Un peu au hasard, je découvris des escaliers et montai les marches, espérant tomber sur le toit. Mon espoir ne fut pas vain, et c'est avec des yeux de Bambi que je découvris une magnifique vue sur Paris. Je m'approchais du mur, émerveillée, laissant mes yeux s'imprégner de la beauté des lumières de la ville et mes oreilles du calme de l'endroit. Une légère brise me chatouilla la nuque et me fit frissonner. Les étoiles étaient présentes, mais difficilement distinguables à cause du manque d'obscurité. Je me laissais porter par l'immensité de la constellation et la fascination qu'elle me provoquait. C'était tellement impénétrable, intouchable, tellement beau. J'aurais pu passer des heures à cet endroit, me laissant bercer par l'absence de bruit, me contentant de laisser mes yeux vagabonder dans la féerie de la chose.
Un léger bruit derrière moi me fit sursauter et je me retournai violemment. Je reconnu facilement la fine silhouette.

___ - Qu'est-ce que tu fais là ? Lançais-je, une note agressive résonnant dans ma voix.

Il me regarda de ses yeux gris. Je leur trouvais une certaine ressemblance avec le ciel ; impénétrables mais pénétrants.

___ - Je m'échappe, répondit Jeff d'une voix lasse.
___ - On est deux alors, dis-je d'une voix radoucie en me retournant vers Paris.

Il s'approcha de moi et s'accouda au petit mur qui nous empêchait de tomber dans le vide.

___ - Quand j'étais petit, souffla-t-il soudain, je rêvais de pouvoir toucher le ciel, de m'envoler, de m'enfuir. Aujourd'hui, j'ai grandis, et pourtant j'ai toujours envie de fuir, plus que jamais.

Surprise par sa confession soudaine, je me tournais légèrement vers lui, mais il fixait un point imaginaire.

___ - T'es surprenant comme gars, dis-je enfin, sans approfondir, mais mes sous-entendus étaient assez clairs.

Un sourire étira ses lèvres, mais il garda le silence. Il m'intriguait sincèrement.
Aucun de nous ne prononçâmes plus une parole pendant la minute suivante, mais pour une fois, ce n'était pas un silence gêné de deux personnes qui ne savent pas quoi se dire. C'était simplement un moment de réflexion. J'avais une étrange envie de lui parler franchement, d'ouvrir mon c½ur à ce parfait inconnu qui était extérieur à toutes nos histoires.

___ - Olivia a trompé Arthur, lâchai-je enfin.

Pour la première, il me regarda dans les yeux. Même si ses pupilles étaient insondables, je savais qu'il assimilait cette information au souvenir de notre dispute, lors du début de la soirée.
Sa réponse fût pour le moins surprenante.

___ - Est-ce qu'elle t'as jamais jugée ? Demanda-t-il doucement.
___ - Je... non, répondis-je, interloquée.

Il me fixa encore une seconde avant de se retourner et de descendre, me laissant seule avec le tourbillon de pensées qu'il venait de provoquer.


___________ Saturday, August 11th ~ oo:39 am ~ Paris

____ Je descendis lentement les marches, des échos de musiques me parvenant faiblement. Il semblait que l'ambiance se soit enfin déridée. Je me passai une main dans les cheveux, découvrant les restes de mon chignon qui tombait en lambeaux, tout en faisant attention à ne pas glisser sur la raideur de l'escalier.
Olivia était en train de fumer une cigarette, les yeux perdus dans le paysage, accoudée à une fenêtre. Je m'approchai d'elle, pas vraiment discrètement puisque mes talons claquaient sur le sol, mais sans un mot. Ce ne fut que lorsque je sentis son odeur fruitée que je me décidai à parler.

___ - Je suis désolée, dis-je enfin. J'aurai pas du réagir comme ça. Parce qu'au fond, ça ne me concerne qu'indirectement, ce qui veut dire que ça ne me concerne même pas. Je me suis emportée et je t'ai... jugée. Alors que toi, même après mes pires conneries, t'as toujours été présente. Je l'ai compris seulement à l'instant, et j'ai vraiment été nulle. Tu m'excuses ?

Elle se contenta de hocher la tête, et ce simple geste suffit à dissiper le poids sur mon c½ur. Je savais que ce n'était pas une personne démonstrative, et que cette simple inclinaison signifiait beaucoup.
Olivia écrasa son mégot et referma la fenêtre, puis ses saphirs bleus se plantèrent dans mes yeux.

___ - On va faire la fête ?

J'acquiesçai à mon tour.
Nous rentrâmes dans la salle côte à côte, et je pu constater qu'en effet, l'ambiance était lâchée. Tout le monde était concentré sur la piste de danse et s'amusait, la musique était assourdissante au point qu'on ne s'entendait plus parler. Ollie me tira au milieu de la foule, rejoignant tout notre groupe.
Les chansons s'enchaînaient, la température montait, mes pieds me brûlaient, l'alcool se diffusait dans mes veines, je riais de plus en plus facilement. Mais je fus quand même obligée de déclarer forfait à un moment, et parti m'asseoir en tanguant légèrement. La chaleur était étouffante, je transpirais comme jamais. Je bu une grande gorgée d'eau en en profitant pour coller la bouteille froide contre mes joues brûlantes. Mon dos souffrait de mes talons, et je me demandai dans quel état je serai pour partir en Bretagne. Il était déjà près de deux heures du matin et le réveil serait très difficile. Si je me couchais.
Il me semblait que je n'arriverais plus à me décoller de la chaise et je bu à nouveau, l'eau fraîche coulant comme un miracle contre les parois sèches de ma gorge.

___ - Tu danses ?

Je levai les yeux, qui rencontrèrent ses magnifiques iris gris, et haussai les épaules.

___ - Si tu veux.

Je me levai et suivit Jeff. Alors que nous avions réussi à nous frayer une place dans la foule, le morceau de musique se finit, laissant place à la douce mélodie d'un slow. J'hésitai un instant et il lança, amusé :

___ - Ma proposition tiens toujours.

J'haussai de nouveau les épaules et m'approchai de lui pour passer mes mains autour de son cou, tandis que les siennes enroulaient ma taille. Je gardai tout de même une distance de sécurité entre nos corps et il n'essaya pas non plus de se rapprocher. Par-dessus son épaule, je pouvais constater que la moitié des personnes avaient déserté la piste de danse. J'apercevais Olivia et Arthur, et Charlie avec un magnifique inconnu.

Look into my eyes, you will see
What you mean to me
Search your heart, search your soul
And when you find me, there you'll search no more
Don't tell me it's not worth tryin' for
You can't tell me it's not worth dyin' for
You know it's true
Everything I do, I do it for you


Je me laissais bercer par la musique apaisante, enivrée par l'agréable odeur fraîche d'eucalyptus mêlée d'une touche acidulée de citron que dégageait Jeff. J'avais l'impression d'être coupée du monde extérieur et de vivre dans ma bulle le temps d'une chanson. Ma tension artérielle s'était calmée, comme si je n'avais jamais dansé pendant près d'une heure. Je me sentais étrangement apaisée.
Le slow prit inévitablement fin, remplacé par un deuxième. Mais je n'étais pas pressée de le lâcher, et il ne semblait pas décidé à retirer ses mains du creux de mon dos.
C'était sans compter Sasha. Elle fusa de l'obscurité pour se planter devant nous.

___ - Jeff, roucoula-t-elle tout sucre tout miel, tu te souviens que tu m'as promis de danser un slow avec moi ?

Il consentit enfin à me lâcher, mais ne rompit pas totalement le contact physique, laissant son bras frôler le mien.

___ - J'ai dit ça, moi ? Demanda-t-il avec la même lassitude que sur le toit.

Elle hocha la tête vigoureusement. Il me jeta un regard d'excuse, mais j'avais déjà commencé à partir, pour aller m'affaler sur une chaise. Charlie me rejoint peu de temps après.

___ - Ça va pas ? Demanda-t-elle.
___ - Je me sens ... troublée, répondis-je en fixant Sasha, qui s'était littéralement collée contre Jeff.


# Posté le jeudi 23 juillet 2009 12:03

Modifié le lundi 03 août 2009 16:08

. .... Chapitre 4___________________ . ______ Will you send me an angel ? ________________ ~__ Scorpions .xShowMe __

. ....  Chapitre 4___________________ .  ______ Will you send me an angel ?   ________________ ~__ Scorpions .xShowMe __
___________ Saturday, August 11th ~ 12:30 pm ~ Dans la cambrousse (lieu non identifié)

____ Je regardais d'un ½il absent les paysages de campagne qui apparaissaient et disparaissaient au rythme de l'avancée du train. Je n'avais même pas eu besoin de décuver, m'étant limitée au demi verre de ponch de Jeff et à une petite bouteille de bière, j'étais juste profondément fatiguée après ma nuit blanche. La fête s'était finie vers sept heures et j'étais restée pour aider à nettoyer la salle, avant de me rendre chez moi pour finir de préparer mes valises. Puis j'étais passée en coup de vent chez Arthur déposer Aléa, mon adorable petite touffe de poils noirs. Depuis, je somnolais plus que je n'étais consciente, me contentant de me préparer mentalement à vivre sept jours folkloriques. Survivre dans ma famille relevait du défi. Mais quitter Paris me faisait du bien, d'autant plus que je n'étais pas partie du tout cet été. La Bretagne était mon pays natal, après tout, là où j'avais grandis et rencontré Arthur, un endroit calme, où marcher des heures au bord de la mer était apaisant.
Je me laissais couler dans mon siège, appuyant ma joue contre la vitre et maudissant intérieurement le vieux papy à côté de moi qui mangeait un sandwich dont je ne loupais rien de l'agréable odeur et de ses charmants bruits de mastications.

___ - Vous en voulez ? Demanda-t-il la bouche pleine alors que je me tournais vers lui pour lui adresser un regard noir.
___ - Hmm, non merci, répondis-je, passablement dégoûtée avant de regagner ma position initiale.

Mes pensées divaguèrent vers la soirée ( ou plutôt la nuit ) de la veille. Je n'avais plus réussi à poser mes fesses sur un siège après les slows, contrainte de faire les danses mythiques comme la macaréna, YMCA et le madison ou d'accepter les invitations. J'avais du danser avec au moins les deux tiers des personnes présentes. J'avais passé le plus clair de mon temps à fuir Arthur, parce que je savais que je serais incapable de le regarder dans les yeux et de lui mentir. Ce n'était pas à moi de lui dire quoi que ce soit, c'était Olivia qui avait les dés en main. J'avais aussi consciencieusement évité Jeff, déjà parce qu'à chaque fois que je l'avais entraperçu, il était en plein échange salivaire avec Sasha et que je n'avais pas spécialement envie de tenir la chandelle, et ensuite parce que je redoutais les sentiments qui étaient en train de naître en moi. Échapper à deux personnes occupait une soirée, je le promets.


___________ Saturday, August 11th ~ o3:47 pm ~ Quimper

____ - Quimper, Quimper, deux minutes d'arrêt !
J'ouvris brusquement les yeux et me tournai pour voir que le vieux à côté de moi avait décampé. Merde, j'avais du m'endormir. Je clignai des yeux pour que ma vision redevienne nette avant de me lever, chancelante. Je tirais ma valise et descendit du wagon, encore comateuse. Je crevais d'envie de retrouver mon lit.
Il me fallut une bonne minute pour repérer ma s½ur. Honnêtement, quiconque ne nous connaissant pas ne pourrait jamais deviner que nous avons un lien de parenté. A seize ans, Emily avait un carré plongeant noir ébène et des yeux verts olives magiques, sublimes. Elle était maigre et grande, qu'elle me dépasse en taille ne m'étonnerait même pas. Ma mère, Ellen, se trouvait à côté d'elle et semblait encore avoir vieillit depuis la dernière fois que nous nous étions vu. Mon père était décédé quand j'avais douze ans, Emily neuf et nos frères en pleine adolescence ne l'avaient pas réellement aidé. Elle travaillait comme une forcenée pour nous payer de quoi manger, et c'est ainsi que j'avais appris que tout n'était pas acquis. C'est là que les choses prennent une valeur inconsidérée par les gens qui obtiennent tout en un claquement de doigt.
J'affichai un sourire heureux en les voyant et Emily se jeta dans mes bras, ma mère se contentant de me sourire en retour et de me faire une bise.

___ - Bien voyagé ? Demanda-t-elle en se détournant pour regagner la voiture.
___ - Si tu exclues le fait que je viens de passer cinq heures à côté d'une vieille carcasse qui a passé le plus clair de son temps à souffler comme un b½uf, alors oui, ça s'est bien passé.
___ - Katharine, ne parle pas comme ça des personnes plus âgées, siffla ma mère.
___ - Kate, corrigeai-je machinalement.

Je jetai ma valise dans le coffre et m'affalais sur le siège avant de la voiture. Ma mère considérait que mon langage était purement et simplement horrible et n'hésitait pas à me corriger à la moindre occasion. Elle avait commencé lorsque j'avais quinze ans et ne s'était jamais arrêté depuis. J'avais cessé de batailler depuis longtemps, m'opposant juste au fait qu'elle m'appelle par mon vrai prénom, que j'avais banni depuis l'âge de cinq ans. A l'époque, je menaçais quiconque m'appelait comme ça de lui faire voir le sol de près. J'étais une petite fille mignonne et calme, mais je me transformais en racaille dès qu'une personne se risquait à m'appeler Katharine.

___ - C'est le train qui t'as épuisé comme ça ? Demanda ma s½ur.
___ - Non, répondis-je en baillant, une de mes amies a fêté son anniversaire et j'ai pas dormi de la nuit du coup.
___ - Ah c'est ça, et tu dois dessoûler ? Je paries que tu étais complètement raide, ah c'est beau la jeunesse !
___ - Non Maman, j'ai pas bu beaucoup, tu sais très bien que j'aime pas l'alcool, mentis-je, l'innocence incarnée.

Emily pouffa et je me retournai pour lui faire un regard noir. Histoire d'éviter la conférence de la prévention contre l'alcool, la drogue, la clope, voire même le sexe, tant qu'on y était. Mais ma génitrice ne releva pas et continua :

___ - Oh, au fait, j'ai invité toute la famille ce soir, tes frères sont déjà là. Oui, ajouta-t-elle en voyant mon regard désespéré, ce qui inclue tes tantes et oncles.

Je ne pu retenir un gémissement. Dire que je ne les aimais pas vraiment relevait de l'euphémisme.
A peine arrivée à la maison, je fus emplie d'un profond sentiment de nostalgie. Je fis la bise à mes quatre grand frères et sans une parole, je montais dans la chambre que je partageais avec Emily me coucher.


___________ Saturday, August 11th ~ o8:o3 pm ~ Quimper

____ - Mais c'est la petite Katharine !
___ - Huuum, tante Margaret...
___ - Comme tu as grandis !

Sachant que j'ai peut-être pris un millimètre seulement depuis mes quinze ans, non pas franchement non.
Sourire crispé.

___ - Alors, ça te fais quel âge ? Dix sept ans, non ? Bientôt le bac ?
___ - Euh non, j'ai dix neuf ans et j'ai eu mon bac l'année dernière...

*


___ - Katharine, quelle bonne surprise ! Toujours aussi jolie ! Pourquoi tu viens jamais nous voir ?
___ - Oncle Jean, aha. Parce que je fais mes études sur Paris...

Et parce que moins je te vois, mieux je me porte, vieux pervers.

___ - Et les garçons ?

Clin d'½il complice.
Sourire poli avant de se retourner sans répondre.

*


___ - Alors, comment va le petit Arthur ?

Miracle, quelqu'un qui ne me parle pas de moi.

___ - En fait, il est pas si petit que ça, si on tient compte de son âge, de son poids et de sa taille...
___ - Et toi, comment ça va ?

Je me disais aussi.


___________ Saturday, August 11th ~ 11:31 pm ~ Quimper

____ Je me servis un verre de jus d'orange (non seulement parce que j'avais dit à ma mère que je ne buvais pas et surtout parce que je n'avais pas envie d'ingurgiter de l'alcool maintenant, pas dans mon état de fatigue avancée) et jetai un coup d'½il à l'horloge du salon, puis soupirai. Niveau ennui, on avait rarement fait pire. Thomas, mon cousin de quatre ans, s'approcha de moi. Inutile de préciser que je haïssais ce gosse pourri gâté.

___ - Donne moi du jus de fruit.

J'arquai un sourcil, pas franchement impressionnée. Il sembla que mon absence de réaction l'énerva au plus haut point et il me balança un coup de pied en plein dans le tibia. Passablement nerveux, le jeune. Je tiquai sous la douleur et il hurla :

___ - Je veux du jus de fruit.
___ - Ta gueule, sifflai-je.

Tout le monde nous regardait, et pour prouver que j'étais l'amie des enfants - oh, douce ironie - je saisis la bouteille de jus et lui servit un verre, avant de lui tendre. Mais cet espèce d'empoté le saisit mal et le renversa sur moi. L'idée de commettre un meurtre me traversa l'esprit. Où étaient ses putains de parents ? Je fis un grand sourire, et lui balançai une baffe quand tout le monde se retourna, puis montai pour me changer. Au moins, ça me donnait une raison de fuir.
Je grimpai les marches deux par deux, en entendant au loin le gosse gémir et pleurer en même temps, ce qui rendait la compréhension de ses paroles quasi impossible, et me glissai dans la chambre. Je me mis carrément en pyjama, puis m'affalais sur le lit et sortit mon portable pour appeler Arthur. Si j'étais trop distante, il se douterait de quelque chose, et il était tellement plus facile de lui parler sans avoir à le regarder dans les yeux.
Je composai son numéro, mais tombai immédiatement sur le répondeur. Je réessayai sur le fixe, et écoutai patiemment la tonalité.

___ - Allô ?

En fait, ce fut Jeff qui décrocha, donc ça donna plutôt un « Ailloow ». La dernière personne au monde à qui j'avais envie de parler.

___ - Salut, c'est Kate, est-ce que je peux parler à Arthur ?

Une fille polie et gentille lui aurait d'abord posé l'habituelle question « ça va ? » et aurait rajouté un « s'il te plaît » derrière la question. Je n'étais pas cette fille.

___ - Ouais, attends, je te le passe répondit-il sans se formaliser de mon manque d'attention envers lui, avant de hurler : Arthur, téléphone ! C'est Kate.
___ - Je te manques déjà ? Roucoula-t-il dans le téléphone.
___ - Rêve, je prenais des nouvelles de mon chat.
___ - Il a pas vraiment l'air traumatisé, en fait je dirais carrément qu'il est tombé amoureux de Jeff vu comment ils se quittent plus...

Je lâchai un rire ironique.

___ - Mmmh, tu sais que ce très cher Patrick se souvient encore de toi ? Il m'a demandé comment allait le petit Arthur, comme c'est mignon...
___ - Patrick... celui qui nous avait poursuivit avec sa fourche parce qu'on avait volé ses fruits ? Oh mon dieu, gémit-il, tu sais que j'en fais encore des cauchemars, jamais eu aussi peur de ma vie...
___ - Mon pauvre loulou, je te plaindrais presque.
___ - Écoute, c'est qui qui m'appelle à des heures indues pour me raconter ça ?!
___ - Ok, consentis-je, bon je te le laisse alors.
___ - Passe une bonne semaine.
___ - T'es mignon.

_____

____ Il s'avéra que ces sept jours défilèrent assez rapidement. Ma mère me gavait littéralement, que j'ai pris deux kilos ne me surprendrait pas. Il fit relativement beau et chaud le temps de mon séjour et je réussis même à aller barboter dans l'Atlantique. Mes lèvres devinrent bleues, mais je pouvais dire que j'avais eu le courage de me baigner dans l'eau glaciale ( en réalité, ce n'était pas complètement volontaire, Julian, mon frère de vingt-et-un ans m'ayant balancé à l'eau ).
Le samedi de mon départ, je sortis de la maison à l'aube, et empruntai le petit chemin de terre qui séparait ma maison de celle d'Arthur. La température était agréable, le soleil brillait dans un ciel sans nuage, j'appréciais longuement cette petite marche, où le silence régnait en maître, uniquement entrecoupé par le bruit de mes pas et le délicat chant des oiseaux. Je n'aurais pas le loisir d'avoir du calme à Paris, et pour en profiter, c'était maintenant ou jamais.
J'arrivais enfin devant la grille en fer forgé, où des motifs s'entrelaçaient en un mouvement compliqué. Je la poussai et un bruit aigu s'en échappa lorsqu'elle racla le sol. Je ne mis pas longtemps à trouver mon chemin entre les allés régulières et ordonnées. Mon regard se posa immédiatement sur la pierre tombale d'un noir éclatant, recouvert de roses blanches.
Louis Evans
1952 - 2oo2
Un père & un mari
A jamais

Ces quelques mots me firent frémir et une boule dans ma gorge se forma. Je déglutis péniblement pour la chasser, mais elle refusa le moindre mouvement et grossi. Des larmes naquirent aux coins de mes yeux et je me laissais tomber sur les genoux, les graviers s'imprimant douloureusement dans ma chair. Mais cette souffrance n'était en rien comparable à celle qui me ravageait de l'intérieur.

___ - Papa, tu me lâches pas, hein ? Parce que j'ai peur.
___ - Bien sûr que non, je ne te lâcherais jamais. Allez, pédale ma grande.
___ - Emily, Julian, regardez, je fais du vélo sans les petites roues ! Regardez, j'y arrive !


Une larme s'écrasa contre le marbre, une autre suivit instantanément. Mon souffle se faisait rauque, j'étouffais sous le poids des souvenirs qui m'écrasaient, tel un poignard fouillant mon coeur.

___ - Papa, j'ai peur...
___ - De quoi, ma chérie ?
___ - Des monstres sous mon lit ... Et s'ils me mangeaient ?
___ - Les monstres n'existent pas, il n'y en pas, donc ils ne te mangeront pas. Et même s'ils étaient là, je suis là de toute façon, tu n'as pas à avoir peur.
___ - Tu seras toujours là ?
___ - Toujours. Je t'abandonnerais jamais, mon c½ur.


T'avais pas le droit, tu pouvais pas. Tu m'as menti, tu m'as abandonné, tu m'as laissé seule.
Tu me manques, je veux tellement te reparler, je veux tellement que tu sois fière de moi, je veux que tu sois fière de ta fille, je veux voir tes yeux briller ...

___ - Maman ! Qu'est-ce qu'il se passe ? Pourquoi est-ce qu'il y a une ambulance ?
___ - C'est pour Papa, ma chérie... C'est son c½ur, il s'est arrêté de battre...
___ - De quoi ? Mais, je veux pas moi, je veux pas qu'il meure !
___ - Il ne vas pas mourir, ne t'inquiète pas, ce n'est pas grave, reste avec ta soeur...


Une main se posa sur mon épaule, et je me relevais en sursautant. Les larmes avaient laissés mes yeux bouffis et avaient tracés des sillons incolores sur ma peau. Je tombai dans les bras de ma mère, secouée par des spasmes de sanglots.

___ - Maman ?
___ - Oui ?
___ - Je t'aime, tu sais.

Je me dégageais de son étreinte, et essuyai mon visage d'un revers de main, tout en essayant de me calmer.
Mon portable se mit à sonner.

___ - Allo ? Dis-je d'une voix gorgée de larmes.
___ - Il sait, il sait tout... dit Olivia, en pleurs elle-même.

# Posté le mercredi 29 juillet 2009 13:59

Modifié le jeudi 06 août 2009 15:02